Mince alors!
Comme je n'ai rien de bien intéressant à vous proposer côté lecture en ce moment, voici un petit conseil ciné pour vous faire patienter...
très sincèrement, en allant voir "Mince alors!" de Charlotte de Turckheim, je n'aurais jamais pensé avoir envie de faire partager ce choix cinématographique!
Et bien pourtant, si.
Tout d'abord parce que j'ai trouvé ce film très drôle.
Et ensuite parce qu'il lève à mon sens des tabous sur les gros:
Tout d'abord, la caméra filme des gros, et même des très gros, en maillot de bain, sans chercher à arranger l'esthétique par un quelconque jeu de lumière. Et pour être honnête, c'est dérangeant, on en peut s'empêcher d'être, disons le, dégouté, comme la plupart d'entre nous, non?
Puis, et c'est là où je rends hommage à ce film, nous découvrons enfin l'être humain derrière la carapace de chair.
Une personne en souffrance, totalement désemparée, qui cherche tant bien que mal à ce sortir de ce mal être à coup de régime et de cure, des fois que ça marche.
Le film est d'ailleurs très clair là -dessus: ça ne marche pas!! Et voici un deuxième tabou qui saute: ce n'est pas la bouffe qui est responsable de l'obésité. C'est un mal bien plus insidieux et profond; et les conseils culpabilisants du type "manger et bouger " "5 fruits et légumes par jour" n'y changeront rien.
En revanche, se retrouver entre "gros" le temps d'une cure, parler de soi, permet d'avancer tout doucement vers un mieux être et de retrouver confiance. C'est ce que montre ce film, l'humain, le vrai, derrière, si je puis me permettre "le monstre" qui fait peur à notre société bien pensante.
Je suis ressortie de cette séance ciné avec la pêche et le sourire; je vous le conseille vraiment. C'est plein de tendresse.
Merci!
Rosa
livres psy...
Toujours pour préparer l'arrivée de bébé, j'ai eu envie de m'offrir les services de Catherine DOLTO.
Enfin, par le biais de la collection "Mine de rien", aux éditions GALLIMARD jeunesse.
"La famille "
avec une illustration en couverture assez conventionelle: maman porte le petit dernier, entourée de papa et des deux grands.
Bref, j'ai tenté une lecture aux enfants (2ans et demi et 4 ans et demi) qui ont décroché assez vite!
Moi même, sur ce coup, j'ai eu du mal à suivre:
" Clarise, la soeur de mon papa, se marie avec Henri qui devient mon oncle par alliance et le beau-frère de mes deux parents."
Donc mes enfants sont peut être encore un peu petits pour tout comprendre; et je dois dire que ce petit livre ne les a absolument pas captivé!!
Cependant, du point de vue parental, j'ai aimé les petites phrases comme:
" Quand on est enfant il est important de grimper dans son arbre généalogique et d'y faire son nid".
"l'on a pas le droit de se marier même si on en a bien envie avec son papa ou sa maman".
Dans la même collection, j'ai pris "pipi au lit", que je n'ai pas encore testé "pour de vrai" avec mon grand, mais qu'en tant que parent, je trouve très intéressant et déculpabilisant.
Je me demande donc si cette collection ne s'adresse pas plutôt aux parents...
Rosa
pour bien préparer l'arrivée de bébé...
L'arrivée du premier enfant est un évènement; je l'ai géré à l'époque avec " bientôt maman" mode d'emploi de Olivia TOJA avec des conseils existentiels du genre ( et c'est véridique, page 94): " pensez à les ( boutons de grossesse) traiter également, et surtout, ne les triturez pas, vous risqueriez de garder des marques brunes indélébiles".
FIRST éditions pour celles qui ont la nostalgie de leur adolescence, TOUT en étant enceinte.
Bon, pour l'arrivée du deuxième enfant, c'est bon, on sait. Mais l'ainé? Il nous voit changer aussi bien physiquement qu'émotionnellement, maman n'est plus la même, c'est indéniable!
Pour accompagner mon premier, j'avais trouvé cette histoire superbement illustrée de maman qui gonfle, qui va exploser peut être... qui a un ballon dans le ventre? bref, qui traduit avec beaucoup de poésie les transformations du corps puis qui explique le départ à l'hôpital pour l'accouchement, l'arrivée de bébé...
" le ventre de maman" de Sophie LEBOT ed LITO.
Très joli livre que je conseille à votre premier enfant!
et puis lorsqu'un troisième arrive dans la famille?
Je suis très heureuse d'avoir trouvé "Croquette devient grand frère" éditions AUZOU de Armelle RENOULT et Claire FROSSARD.
Croquette a déjà un grand frère, et la famille se prépare à accueillir pleins de bébés lapins...
Ici, on parle aussi des transformations physiques et de la fatigue de maman ainsi que de l'hôpital, mais surtout de l'angoisse du deuxième. Quelle va être sa place? la jalousie face aux bébés que tout le monde regardent...
et là, coup de théâtre: le grand frère Pissenlit arrive! et lui, il sait! il a déjà vécu cette situation!! et j'ai beaucoup aimé que ce soit le grand frère qui rassure, explique et fasse part de son expérience.
" tu verras, avec les bébés, nos parents seront trop occupés pour nous surveiller.Nous allons pouvoir bien nous amuser! Ils ne sont pas très intéressants pour le moment mais attends qu'ils grandissent et prennent un peu de poil!"
Donc là aussi un coup de coeur de ma part; et testé en vrai!!
Je me prépare donc à recevoir à l'hôpital un bouquet de carottes...
Rosa
Le calme après la tempête...
La couverture a attiré mon attention (toujours de belles illustrations chez Actes Sud!!) puis le sujet: Tim PARKS, écrivain et enseignant en littérature souffre d'une prostatite et refuse de se faire opérer. Il décrit donc dans "le calme retrouvé" (livre témoignage) tout son cheminement psychologique et physique vers une médecine moins conventionnelle puis vers une véritable révolution de sa façon de vivre.
Tim PARKS parle sans tabou de ses douleurs et gênes ainsi que de leurs incidences sur sa vie privée et professionnelle.
Toujours de façon très décomplexée (et même drôle), il décrit les examens auxquels il est soumis. La prostate, vous savez où c'est? Comment ça s'examine? si non, lisez ce livre, vous saurez tout!!
De façon très juste, il exprime sa souffrance de patient complètement désorienté face aux différents avis médicaux, le manque de considération, l'impression d'être une espèce de machine que l'on ausculte, examine...
Sûr d'une chose en fin de compte, le refus de l'opération, il se tourne enfin vers son corps, dans la globalité. Il découvre que le physique est relié à l'esprit...ayurvéda, shiatsu, relaxation...
Puis méditation ! L'intellectuel hyper-actif, qui ne sait pas se poser, raide, qui pratique le sport plus pour se défouler ou se faire peur que pour se faire réellement du bien, part en stage "vipassana" où l'on pratique la méditation une dizaine d'heure par jour!!
Méditer demande à stopper les pensées, difficile pour le professeur de littérature féru de mots!
p228: "Si, pendant trois secondes, je me concentrais sans mots sur la sensation du souffle, s'élevait aussitôt un cri d'autosatisfaction, suivi d'une réflexion pertinente sur le caractère déplacé d'un tel cri, puis d'une autre réflexion, tout aussi pertinente, établissant que cette déclaration verbalisée ne faisait qu'aggraver le problème, puis d'une autre réflexion établissant que de telles réflexions pertinentes me subtilisaient l'expérience pour laquelle j'étais venu, l'expérience de l'absence de mots. "
Tim PARKS retrouve alors un calme intérieur, il ressort de cette expérience appaisé et enrichi.
Ce livre est très agréable à lire, il est drôle et est assurément un très beau témoignage à conseiller à tous les malades (et non malades qui se préoccupent de leur santé).
Rosa
Gaston et Gustave
Gaston et Gustave relate en parallèle le début de vie de Gaston, grand préma et amputé dès sa naissance de son frère jumeau, et la vie de Gustave FLAUBERT, l'écrivain auquel se rattache le père des enfants pour ne pas sombrer...
Je serai beaucoup moins enthousiaste que les critiques littéraires sur ce livre, qui, il est vrai,
- est bien écrit
- fait preuve d'une érudition manifeste
- sait parler d'un sujet difficile sans pathos
...
Mais...
pour moi, ce livre ne montre pas d'émotions, ne m'a pas touchée. Pas de pathos, oui, pas de pitié, oui, mais je referme cet ouvrage sur une sensation de froideur, d'inintérêt,en cherchant vaguement pourquoi l'écrivain a choisi de parler de FLAUBERT entre deux paragraphes à l'hôpital...bref, parler, meubler, combler le vide laissé par cet enfant... trouver un repère intellectuel, occuper son mental pour ne pas sentir la souffrance...
C'est le parti-pris de Olivier FREBOURG, c'est ainsi qu'il s'est protégé, je le comprends et le respecte tout à fait.
Cependant, en tant que lectrice, ce livre m'a ennuyée...comme si je restais tout le long de la lecture dans l'univers aseptisé et froid de l'hôpital.
A conseiller aux amateurs de Gustave FLAUBERT avant tout !!!
Rosa
De l'ombre à la lumière...
J'ai mis 4 mois pour lire "une femme fuyant l'annonce" de David GROSSMAN (éditions SEUIL); ce livre restera assurément dans ma mémoire de lectrice.
Chaque soir, je lisais quelques pages, guère plus ayant besoin de ma nuit pour les digérer, comme si, tout comme Ora le principal personnage, j'avais besoin de me protéger, de fuir cette terrible annonce tant redoutée: la mort (hypothétique) de son second fils parti en mission après le service militaire.
le style est magnifique, nous voyageons sans cesse entre le présent (la soixantaine de Ora) et le passé (son adolescence, la maternité et l'éducation des enfants).
Nous passons également en quelques lignes de la guerre ( conflit israélo-palestinien) à la nature rédemptrice; de la noirceur à la clarté.
et ceci sans jamais être perdu ou lassé; nous sommes sans cesse sur le qui-vive, dans l'attente de cette annonce, oppressés...l'auteur arrive merveilleusement à transcrire l'angoisse d'une mère pour son enfant, dans le cas présent mais aussi lors de l'enfance, les maladies, les "petits soucis"...
Il y est question aussi de culpabilité, de traumatisme; les personnages essayent de sortir la tête de l'eau malgré la tragédie, qui n'est pas celle que le titre laisse à penser mais la "mort" psychique de Avram, ami-amoureux d'Ora et marqué à vie par le traumatisme de la guerre.
Ce récit est certes oppressant, et est un manifeste contre la guerre; mais de la lumière en ressort à travers cette épopée en pleine nature de Ora et Avram, comme un chemin initiatique, un retour sur soi pour en ressortir "purifié", appaisé, et prêt peut être , enfin, à vivre...
Rosa
J'ai choisi la terre
J'ai découvert Claude Michelet, à l'adolescence dans un hebdomadaire qui publiait par épisode "La grande muraille", l'un de ses tout premier roman. J'attendais impatiemment chaque semaine l'arrivée du nouvel épisode de la vie de Firmin qui a hérité d'un champ de cailloux. Avec détermination et courage, il s'efforcera toute sa vie de cultiver ce lopin de terre, ôtant chaque pierre une à une et bâtissant du même coup une grande muraille autour de sa propriété.
J'ai ensuite dévoré les deux grandes sagas de l'auteur :
"Des grives aux loups", histoire de la famille Viahle, paysans corréziens de 1890 à 1990.
Et puis la saga des Leyrac, les cousins expatriés en amérique du sud, "Les promesses du ciel et de la terre".
L'écriture est simple, belle, limpide. Il en ressort une sincérité et un réalisme qui nous font oublier qu'il s'agit d'un roman. On croirait sans peine avoir en main une biographie familiale.
J'ai lu enfin "Mon père, Edmond Michelet". J'ai découvert que Claude Michelet, l'écrivain que j'appréciais, l'agriculteur que j'aspirais à être moi aussi, était fils de ministre. Ca été un choc. J'ai mis du temps à comprendre et accepter que, contrairement aux apparences, cela ne traduisait pas une "régression sociale". Avec le recul, je crois que cet auteur a scellé mon orientation professionnelle, mais aussi ma vigilance à toujours rester en capacité d'apprendre et d'évoluer.
Je suis donc devenu paysan à 21 ans après que les études m'aient rattrappé. Ca fait 15 ans cette année. J'ai repris la ferme familiale, ayant la chance de ne pas avoir un père ministre. J'ai moins le temps de lire depuis ... et quand je lis c'est pour me changer du quotidien, alors les romans du terroir ... je les évitais plutôt. Sauf qu'à Noël, mon beau-père m'a offert l'autobiographie de jeunesse et chronique professionnelle de Michelet, "J'ai choisi la terre".
Un livre écrit il y a plus de 35 ans (je n'étais même pas né) qui n'a quasiment pas pris une ride.
Les forces qui animent chaque paysan, son attachement et son respect de la terre, sa contribution à assurer les besoins vitaux de ses congénères et l'ignorance voire le mépris dont on le gratifie en retour, son pragmatisme, sa sensibilité, ...
Je ne partage pas tout pour autant. Sa vision de la famille et de l'éducation me semble aujourd'hui obsolète. Contrairement à lui, je crois fermement à la force de l'action collective en agriculture (et en bien d'autres circonstances), même s'il tempère son jugement en fin d'ouvrage.
Le plus surprenant dans cet ouvrage, c'est la perspicacité avec laquelle l'auteur a pu deviner et prévoir les enjeux de l'agriculture d'aujourd'hui. Je pense notamment à la pression foncière liée à l'urbanisation galopante, anarchique et insensible aux enjeus nourriciers de la terre. Je pense à l'invasion administrative, à la privatisation du vivant, ...
Un livre plein de la sagesse et de l'humilité des terriens.
De deux choses l'une, soit je suis déjà un vieux con, soit Claude Michelet est un grand visionnaire en plus d'être une belle plume.
Théo
Déjeuner en paix
Hommage à l'excellent article de JP Géné dans le Monde Magazine de cette fin de semaine.
Le chroniqueur culinaire ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas: "parents, arrêtez d'aller au resto avec vos mômes et laissez nous manger en paix !!! "
Quelques phrases tirées de l'article qui sont en passe de devenir cultes pour nous: "Les moutards me montent au nez", "A table, les lardons, c'est pour la salade de pissenlit." ...
C'est du vécu, faut dire: nous avons tenté l'expérience...et quel dommage de manger à toute allure pour sortir au plus vite du resto, se priver de dessert, se relayer à tour de rôle pour occuper les enfants dehors...
Et quelle ne fût pas notre déception, losqu'un soir où nous retrouvions des amis au resto, et avions pris soin de laisser nos enfants à une baby-sitter, d'avoir vu débarquer les dits-amis avec leur (petit) gamin, et sortir qui plus est leur chaise haute du coffre !!!
Depuis, nous avons choisi le "no-gamins au resto".
Petite remarque, qui va faire hurler JP Géné, je sais (et Théo par la même occasion....il n'y met pas les pieds) :
le seul endroit où l'on peut manger, avec des enfants, et en paix...c'est le MC DO...
Rosa
Mon petit monstre....
mais que m'arrive t'il ?
Le mercredi matin, pour avoir un (petit) moment de paix, oui, je l'avoue, je mets mes enfants devant la télé!!
et moi qui croyait être tranquille....quelle erreur !!!
ARTZOOKA, vous connaissez? (sur france 5). Non? un mec super doué de ses mains vous bricole avec deux fois rien des objets incroyables, en deux temps trois mouvements, trop facile.
Mercredi dernier, il a fait un monstre à accrocher dans sa penderie ( nouvel anti-mites ? je prends !!!).
L'enfant a bien évidemment voulu le même ...
Et comme je suis un peu fatiguée en ce moment, j'ai cédé.
Et pour tout vous dire, je me suis bien amusée à bricoler ce petit monstre dont j'adore les mains !!! (et sur la photo, vous ne voyez pas ses cheveux en pétard...il est trop chou...).
Vive ARTZOOKA !!!
Rosa
Loin des bras...
Voici une nouvelle lecture, choisie pour le titre (c'est émouvant, non," loin des bras"?) et un des principaux personnages: le lac léman (ou le lac de genève selon de quel côté de la frontière vous vous situez).
L'auteur en est Metin ARDITI; il est publié chez Actes Sud, gage à mes yeux d'un "bon" livre... Je me suis donc aventurée (pas très loin) dans la littérature suisse...
Accrochez vous au début: ce livre fourmille de personnages, on est un peu perdu; puis enfin, on peut plus ou moins s'identifier, en tout cas s'attacher à ces adultes tous porteurs d'une fêlure, d'une empreinte un peu honteuse qu'ils cherchent à dissimuler.
Dans un pensionnat chic de Lausanne, nous rencontrons donc ces professeurs "loosers" qui trouvent refuge et l'illusion d' exister dans ce microcosme scolaire; ainsi que quelques élèves tout aussi paumés, voire abandonnés (loin des bras) par leurs parents richissimes et occupés à des choses bien plus intéressantes que leur progéniture.
Pas de chaleur, pas de douceur, chacun pour soi, avec ses petits secrets... jusqu'à ce qu'une italienne débarque et tombe amoureuse d'un élève.
les coeurs se réchauffent enfin, les langues se délient, les corps s'épanouissent....
Un personnage m'a particulièrement touché, un prof pris de passion pour la photographie.
Il prend tous les jours une photo de 4 points différents du lac (les mêmes, à chaque fois). Et l'écrivain sait ici nous restituer comme personne la magie de ce lac, son humeur, ses couleurs, les saisons...
C'est de loin ce que j'ai préféré dans ce roman: non pas la narration en elle-même, mais ces descriptions magiques des paysages; le lac devient un réel personnage et pour moi, il a pris toute la place!
et pour les amateurs de photos, allez sur www.eric.perret.com
pas de lac, mais de très jolis poivrons (!!!!).
Sur ce, je retourne me coucher, vous avez pu remarquer, fidèles lecteurs, que je dors autant que Théo, ces derniers temps ... ça cache quelque chose, non ?
Rosa







