"L'étrange disparition d'Esme Lennox" de Maggie O'FARREL (éditions 10/18), écrit dans un style nerveux et haletant, m'a donné un coup de poing dans le ventre. Une fois commencé, je n'ai pu que difficilement quitter le récit et ses personnages.

10 18

L'histoire est à mettre en parallèle avec le film " Magdalène sisters": même sentiment d'injustice, de gachis.

Le film relate une histoire vraie alors que ce livre est une fiction;  mais je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces femmes qui ont dû sacrifier leur vie pour rester "normale"; la normalité dans les années 50 étant d'être une femme dévouée et aimante, sage et lisse, et surtout obéissante.

Tout esprit rebelle, toute velléité d'indépendance étant au mieux très mal vu, au pire, comme décrit dans ce livre, insupportable aux yeux des bien-pensants.

Tellement insupportable qu'on en vient à vouloir supprimer ces personnes "libres".

A défaut de les tuer physiquement, étaient mis en place à cette époque des meurtres psychiques: ces femmes se retrouvaient enfermées dans des pensionnats ou asile psychiatrique sous prétexte d'hystérie; en tout cas d'inadaptation à la vie sociale de l'époque.

 

On a dû mal à y croire; et pourtant, cela a bel et bien existé.

La famille KENNEDY a  lobotomisé une des soeurs de John KENNEDY  (Rosemary) car son esprit rebelle et sa vie "dissolue" risquaient de diminuer les chances de son frère d'accéder au pouvoir.

 

Je crois que notre génération a oublié combien nos grands-mères avaient pu souffrir de ces règles érigées par la religion; pas de rapport avant le mariage, on "fréquentait" un homme sous chaperon...quant à une grossesse hors mariage....quelle honte!!   un viol? Quel déshonneur!

Ce livre devrait être mis dans toutes les mains des bien-pensants de notre société, pour ne pas oublier d'où on vient, de quel obscurantisme on sort...il y a tout juste 60 ans...

et se battre encore et toujours pour les libertés et droits de la femme: éducation, sexualité, droits à la contraception et à l'avortement; droit de vote, droit de gagner sa vie et de dépenser son argent comme bon nous semble,  droit d'être libre et indépendante, droit d'aimer, droit d'avoir des enfants...ou non.

 

Je répète: n'oublions pas: c'était il n'y a pas si longtemps dans notre société; et d'autres femmes, ailleurs dans le monde, aujourd'hui, vivent malheureusement encore ce genre d'exclusion, si ce n'est la lapidation, pour des actes de femme libre.

 

Rosa